Laurent Aigon, Google lui donne des ailes

A Lacanau, au pays des surfeurs, on l’appelle Monsieur Google, ce serveur de 42 ans qui, dans sa maison, a reproduit à 99% le cockpit du BoeingBOEING Premier groupe industriel aéronautique et spatial au monde. Constructeur d’avions de lignes et d’avions d’arme, est également présent sur les marché de l’espace et de la sécurité. 170.000 salariés. 737. Depuis tout petit, la tête dans les étoiles, il construit les maquettes et souhaite devenir pilote. Pas assez brillant à l’école, le rêve s’envole, hélas, mais pas pour longtemps. Il découvre la première version de Flight Simulator, qui lui permet d’exercer le métier de pilote «  par procuration » et la découverte, lors d’un meeting aérien à Cazaux, du simulateur de l’A320, exploité par Aquitaine Simulation, est pour lui une révélation. Laurent décide alors de créer son propre simulateur. Amoureux du Boeing 737 il met tout en place pour élaborer la copie la plus proche et la plus complète possible de son cockpit. Pièce par pièce et module par module, il arrive à construire la réplique à l’échelle 1 du 737.

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Laurent Aigon aux commandes de son simulateur de vol, chez lui, à Lacanau.
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Les critiques des professionnels qui ont essayé le simulateur sont encourageantes, la presse et les réseaux sociaux en parlent et enfin Google décide d’en faire le héros d’une de ses campagnes publicitaires en novembre 2013. Cela apporte de la notoriété à son projet et constitue une réelle valeur ajoutée. En juillet 2014 la société Aquitaine Flight Center est donc créée et Laurent Aigon intègre la pépinière de la technopole Bordeaux Technowest. Avec le business plan établi et le projet de développement bâti, Laurent Aigon monte un «  tour de table » pour trouver 400 000 € nécessaires à la conception du premier simulateur commercial. N’ayant pas d’apport financier, le « pilote virtuel  » fait appel au financement participatif (qui malheureusement ne donne pas grande chose), les collectivités et institutions suivent et reste… la banque, avec laquelle la négociation finale vient d’être engagée.

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Le rêve de Laurent Aigon a pris naissance, chez lui à Lacanau. Il prend désormais une nouvelle dimension dans la pépinière d’entreprises de la technopole Bordeaux Technowest
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Une fois le financement bouclé, le nouveau projet verra le jour très prochainement. En faisant appel à des sociétés spécialisées (françaises et européennes), Aquitaine Flight Center prendra en charge l’intégration finale des pièces et éléments du cockpit. « J’ai imaginé un cockpit qui serait monté sur une plateforme dynamique actionnée par des vérins électriques 20° angles et 1,3 G de déplacement afin de recréer à la fois la sensation et l’immersion d’un vol » souligne Laurent Aigon. Aquitaine Flight Center vise trois catégories de clients : les particuliers, les professionnels pour les séminaires et évènementiels et les professionnels du secteur aéronautique. Le simulateur numéro 2 sera un A320 assure Laurent Aigon « Cela nous permettra de proposer une offre complète et de développer les franchises ».

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Laurent Aigon envisage de construire un deuxième simulateur : après le 737, ce sera un A320
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Le simulateur de Boeing 737 de Laurent Aigon, plus vrai que vrai…
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Le constructeur de Lacanau va toutefois devoir faire face, localement, à la concurrence. C’est, en effet, mi-octobre qu’atterrit à Bordeaux un des leaders de la simulation en France : AviaSim. Cette société lyonnaise installe, après Lyon, Toulouse et Tours, le simulateur de vol de l’A320 en plein cœur de Bordeaux. « AviaSim est mon concurrent dans le concept mais pas dans le produit. La sensation dans un simulateur fixe n’a rien à voir avec celle d’un simu dynamique » assure Laurent Aigon. « Nous ne visons pas non plus la même clientèle. Mon installation au sein d’Aeroparc, dans le milieu aérospatial et à proximité des pistes, vise à attirer les professionnels du secteur aérospatial et la clientèle périurbaine  ». Et à Laurent de poursuivre « Je ne suis pas effrayé par la concurrence parce qu’elle est saine mais je regrette qu’AviaSim arrive avant moi et je suis déçu que les tentatives que j’ai entretenues pour rencontrer les fondateurs ou les franchisés n’ont pas abouti. Je suis content du fait que j’ai vu juste sur le potentiel du marché des simulateurs dans la région et au-delà.  »

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Laurent Aigon, Google lui a apporté la notoriété, mais cela n’a pas suffit à réunir sur la toile, le financement pour construire son simulateur de vol
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L’histoire de Google commence dans un garage, celle de Laurent Aigon dans la chambre de ses enfants. On croise les doigts pour que le rêve français de Laurent Aigon se concrétise et lui permettre d’en vivre.

Gosia Petaux