Thales retrouve le sourire

Tous les clignotants sont désormais dans le vert pour Thales. En 2015, le groupe français a vu son chiffre d’affaires progresser de 4,5 %, à périmètre et taux de change constants, pour s’établir à près de 14,1 Md€. Et ce après plusieurs années de stagnation. Les prises de commandes ont également connu un net coup d’accélérateur avec un bond de 31 % par rapport à 2014 pour frôler les 19 Md€.

Du coup, le carnet de commandes consolidé dépasse les 32 Md€ et donne à Thales « deux à trois ans de visibilité. Ce qui est important pour les marchés », souligne Patrice Caine, président du groupe. L’année 2015 s’annonce exceptionnelle en terme de prises de commandes puisque Patrice Caine table pour 2016 sur un niveau proche « de ceux observés en 2013 et 2014 », soit une moyenne de 13,6 Md€. Mais, l’effet cumulatif de ces prises de commandes se traduira une nouvelle fois par une progression de 5 % du chiffre d’affaires en 2016, 2017 et 2018.

Cette croissance, associée à la poursuite de la réduction des coûts de structure, devrait donc continuer à améliorer le résultat d’exploitation de Thales qui, lui aussi, a fait un bond de 23 % en 2015 pour s’élever à 1,2 Md€. Patrice Caine table sur un résultat d’exploitation légèrement supérieur pour 2016, soit 1,3 Md€, et sur une marge brute de 9,5 à 10 % pour les années 2017 et 2018 sur un chiffre d’affaires dépassant les 16 Md€.

Si les marchés émergents (Asie, Moyen-Orient) affichent de très belles progressions en terme de chiffre d’affaires 2015 (+ 20,6 %) et prises de commandes (+ 45 %), les marchés dits « matures » (Europe, Amérique du Nord, Australie, Nouvelle-Zélande) continuent de représenter plus de 70 % du chiffre d’affaires et les deux-tiers des prises de commandes enregistrées en 2015. Mieux, la « bonne vieille Europe » a généré, à elle seule, la moitié du total des prises de commandes en 2015, soit 9,8 Md€.

Comme le reconnaît Patrice Caine, le souci sécuritaire n’est pas le seul apanage des pays émergents (Asie, Moyen-Orient), « la période dite des dividendes de la paix est désormais finie en Europe ». Comme l’illustre en France la hausse des dépenses de loi de programmation militaire. Mouvement que s’apprêtent à suivre l’Allemagne et la Grande-Bretagne.

AFI KLM E&M : rafale de contrats à Singapour

C’est devenu une habitude. Chaque salon aéronautique est désormais l’occasion pour Air France Industries KLM E&M de dévoiler une rafale de contrats. Cela avait été le cas au Dubai Airshow qui s’est déroulé en novembre 2015 et le dernier Singapore Airshow n’a pas manqué à cette stratégie de communication. AFI KLM E&M va bien et ne manque donc pas de le faire savoir. Pas moins de cinq nouveaux contrats ont donc été dévoilés au Salon aéronautique de Singapour avec différents clients asiatiques.

Pour deux d’entre eux, il s’agit d’extension de contrat ou de coopération existants. La compagnie sud-coréenne à bas coûts Jeju Air qui agrandit sa flotte de Boeing 737-800, a ainsi étendu son contrat de soutien moteurs CFM56-7B actuel pour 18 révisions en atelier supplémentaires. De son côté, Garuda Maintenance Facility AeroAsia a signé un protocole d’accord pour développer son partenariat avec AFI KLM E&M dans plusieurs domaines : soutien équipements pour des flottes Boeing et Airbus ainsi que la maintenance de moteurs des familles GE90, CFM56-7 et autres CFM56.

Les trois autres sont de nouveaux clients : la compagnie aérienne chinoise SF Airlines (soutien sur trois moteurs CF6-80C2 avec révision, réparation et pièces détachées), le transporteur de fret chinois Uni-Top (soutien sur les mêmes moteurs équipant les 7 Airbus A300 avec une quinzaine de visites d’atelier) et l’opérateur malaisien Eaglexpress qui a confié le soutien équipements de ses six Airbus A330 récemment acquis. Eaglexpress, qui exploite déjà trois 747-400 et un A330-200, prévoit de porter son parc d’A330 à douze appareils au cours des cinq prochaines années.

FABEC : un trafic plus dense, moins ponctuel

Plus que les capacités aéroportuaires, c’est la gestion du trafic qui pourrait freiner le développement du trafic aérien dans les prochaines décennies. Avec le Ciel unique européen, l’Union européenne tente donc d’améliorer ses capacités en la matière. Mais en attendant le déploiement complet de Sesar (programme de modernisation des moyens) et des bloc d’espace aérien fonctionnel (Fab, volet organisationnel), les performances du contrôle aérien européen restent aléatoires. Une situation illustrée par le bilan de performance 2015 du futur Fabec (FAB « Europe Central »).

L’an dernier, les sept fournisseurs des services de la navigation aérienne (ANSP) du Fabec ont traité 5,61 millions de vols. C’est 1,8 % de plus qu’en 2014. Le nombre d’atterrissage a lui augmenté de 1,1 %. C’est la deuxième année de croissance consécutive, alors que la tendance depuis 2007 est plutôt à la diminution du nombre de mouvements malgré une hausse du nombre de passager. Cela reflète la volonté des compagnies aériennes de mettre en ligne des avions plus gros et mieux remplis.

La performance du contrôle aérien en-route a en revanche baissé, avec en moyenne 0,70 minute de retard par vol, toutes causes confondues. La ponctualité était de 0,56 minutes par vol en 2014. Plus important, le Fabec rate son objectif de 0,48 minute par vol.

En ne tenant compte que des retards dus aux ANSP, le retard n’est plus que de 0,48 minute par vol. Mais là aussi il y a une dégradation par rapport à 2014 (0,31 minute par vol) et une défaillance quant à l’objectif fixé (0,37 minute).

Le Fabec pointe notamment des problèmes locaux pour expliquer ces mauvais chiffres. Ils proviendraient principalement de manques de capacités et du rodage dû à l’introduction de nouveaux moyens techniques.

Pour y remédier, les ANSP du Fabec ont pris des « contre-mesures actives » tels que le déplacement et la re-sectorisation de flux de trafic, ainsi que l’amélioration des mesures de gestion du flux de trafic et des capacités.

Pour les atterrissages, le bilan est bien meilleur. Les retards ont été réduits de 14 % par rapport à 2014. Si on exclue le mauvais temps – à l’origine de près de 60 % des retards à l’arrivée – pour ne tenir compte que de la performance des ANSP, l’amélioration est même de 17 % sur un an.

Pour rappel, le Fabec comprend l’espace aérien de l’Allemagne, la Belgique, la France, le Luxembourg, les Pays-Bas et la Suisse et traite 55 % du trafic européen. Les sept ANSP qui le composent doivent fonctionner de façon complètement intégrée en 2018.

Airbus Group toujours aussi solide

Airbus Group a toujours la forme et les résultats du groupe européen en 2015 sont venus le rappeler. Le chiffre d’affaires a progressé de 6 % par rapport à 2014 pour s’élever à 64,5 Md€. Une croissance toujours tirée par la division Avions commerciaux (+ 8 %) avec des livraisons qui ont porté sur 635 appareils contre 629 en 2014 por un montant de 45,85 Md€. Si le chiffre d’affaires de la division Defence & Space reste stable d’une année sur l’autre, celui de la division Helicopters a réussi à augmenter de 4 % pour s’élever à 6,78 Md€.

La montée en puissance des activités de services a en effet permis à Airbus Helicopters d’effacer la chute de 16 % des livraisons qui ont porté sur 395 appareils en 2015 contre 471 en 2014. Par contre, en terme de prises de commandes, celles d’Airbus Helicopters ont fondu de 33 unités d’une année sur l’autre après prise en compte « de l’annulation de 50 hélicoptères gouvernementaux ». Par contre, en valeur, les prises de commandes d’Airbus Helicopters se sont arrondies de 700 M€, progressant de 13 % par rapport à 2014.

La hausse est encore plus forte pour Airbus Defence & Space (+ 18 %), soit 2,2 Md€ de plus, grâce à 14 A330 MRTT supplémentaires et cinq satellites de télécommunications. Pour autant, les progressions de ces deux divisions n’ont pas été suffisantes pour compenser la baisse des prises de commandes de la division Avions commerciaux. Cette dernière a enregistré 1 080 commandes nettes en 2015 contre 1 456 en 2014. Du coup, les prises de commandes globales, toutes activités confondues, ont reculé de 4 % par rapport à 2014 pour s’établir à 159 Md€.

La baisse de régime de la division Avions commerciaux est à relativiser puisque les ventes nettes ont dépassé les 1 000 unités au cours des trois dernières années, se traduisant, au niveau du groupe, par un carnet de commandes record franchissant le cap symbolique des 1 000 Md€ contre 858 Md€ en 2014. Une base commerciale toujours aussi solide qui permet à Airbus Group de maintenir des dépenses en R&D élevées (3,5 Md€ autofinancés) et d’absorber les éléments non récurrents.

Les gains issus de la vente d’une participation de 18,75 % dans Dassault Aviation (748 M€), de la cession d’actifs dans les divisions Défense et Avions commerciaux (90 M€) et d’un réajustement de la provision pour restructuration chez Defense & Space (41 M€) n’ont pas été suffisants pour compenser les effets de change par rapport au dollar (- 635 M€) et la charge liée au programme A400M (- 290 M€). Du coup, le résultat d’exploitation est resté stable par rapport à 2014 mais avec un niveau plus que confortable : 4 Md€.

L’Airbus A330 repasse à sept par mois en 2017

Voilà une nouvelle qui fera non seulement plaisir aux équipes d’Airbus travaillant sur la chaîne d’assemblage A330 mais aussi aux sous-traitants fournissant notamment différentes aérostructures, comme Latécoère, par exemple. La cadence de production des A330 repassera en effet à sept exemplaires par mois en 2017, a annoncé Tom Enders, président d’Airbus Group, lors de la présentation des résultats du constructeur européen.

Un an plus tôt, Airbus avait annoncé une baisse drastique des cadences de production, passant de neuf à fin 2015 à six par mois au cours du premier trimestre 2016. Une décision prise alors que le carnet de commandes de la famille A330ceo ne comptait plus que 205 exemplaires à livrer à fin janvier 2015, soit moins de deux années d’activité alors que la production des A330neo n’a pas encore commencé.

Pour autant, Fabrice Brégier, président d’Airbus, s’était réservé la possibilité de remonter les cadences de production en fonction de l’évolution des prises de commandes. Or, l’année 2015 s’est traduite par 90 commandes nettes pour la famille A330ceo dont 18 de la part d’un client toujours non dévoilé et les 30 commandés par la Chine via sa centrale d’achats CASC dont un nombre toujours non précisé d’A330 régional.

D’ailleurs, le président d’Airbus avait rappelé en janvier dernier (cf. Air & Cosmos n° 2483) qu’il « n’était pas exclu que l’on décide très prochainement un relèvement des cadences de l’A330ceo ». C’est désormais officiel.

Un vol en MiG-29

Il y a des amours qui passent avec le temps. Et d’autres non. Ma passion pour les avions de chasse appartient à la seconde catégorie. Je me souviens que quand j’étais petit, mes camarades collectionnaient les voitures. Ils en avaient des barils entiers. Moi, c’était les avions de chasse. Je n’en avais que trois, mais ça me suffisait. L’un d’eux ne me quittait jamais. Et lorsque mes camarades proposaient de jouer aux petites voitures, je les regardais comme s’ils étaient moins que des crottes et m’en allais jouer dans mon coin. Oui, j’étais un garçon un peu spécial. 🙂 Je suis aujourd’hui adulte, mais cette adoration-là est toujours intacte. Il y a toujours des maquettes d’avion de chasse dans mon salon. Il était donc inévitable qu’un jour, j’embarque à bord d’un véritable avion de chasse pour un vol extraordinaire. Ce que j’ai fait la semaine dernière, à bord d’un MiG-29. Depuis le temps que j’en rêvais, je craignais par-dessus tout d’être déçu. De sortir de l’appareil en me disant : « tout ça pour ça ? ». Mais ça ne s’est pas passé comme ça. Quand je suis sorti de l’appareil, en réalité, je ne pensais à rien : un sourire idiot était plaqué sur mon visage, qui a mis des heures à disparaître. Et rien que d’y penser, ce sourire revient sur mon visage alors que j’écris. Parce que j’ai eu beau attendre ce vol pendant des années, c’était encore mieux que tout ce que j’avais imaginé. Il y a des moments où j’ai eu l’impression de mourir et de naître. En même temps. Cette expérience était tellement intense, tellement impossible à décrire qu’en fait, j’ai hésité à rédiger un billet sur le sujet. Et il est clair que je serais incapable de vous décrire cette expérience en détail. Ce qu’on ressent lorsqu’on enfile la combinaison de vol. Quand on grimpe à bord du cockpit. Et lorsque, au premier break, on sent soudain son poids multiplié par six. Il n’y a pas de mots pour décrire une telle expérience. Mais il fallait au moins que je le clame haut et fort. Il aura fallu attendre près de 40 ans pour réaliser ce rêve, mais je l’ai fait : j’ai volé à bord d’un MiG ! Si vous souhaitez en savoir plus, allez sur ce site, l’unique spécialiste du vol en MiG.

vol en mig29

RwandAir vise le million de passagers en 2017

Transporter un million de passagers en 2017. C’est l’objectif que s’est fixé le directeur général de RwandAir, John Mirenge. La compagnie aérienne en a transporté 600 000 en 2015. Soit 100 000 de plus par rapport à 2014. L’objectif passe par un développement du réseau régional et long-courrier. Les deux Airbus A330-200/300 sont attendus pour septembre et novembre prochains. Avec des vols prévus sur Londres et Paris. Puis, sur Canton et Mumbai en 2017.

Parallèlement, le réseau régional connaîtra un coup d’accélérateur avec l’ouverture de six nouvelles lignes avec pour cible principale l’Afrique de l’Ouest : Abidjan, Harare, Lilongwe (malawi), Cotonou, khartoum et Bamako. Rwandair dessert déjà Douala, Libreville et Brazzaville. « Nous voulons consolider notre présence en Afrique de l’Ouest. Puis, après se développer vers le sud de l’Afrique afin d’élargir notre empreinte sur le continent africain », souligne John Mirenge.

Il s’agit aussi de draîner du trafic sur Kigali pour venir « nourrir » les vols long-courriers du transporteur. L’ouverture de ces nouvelles lignes « régionales » s’accompagne de l’arrivée de quatre nouveaux appareils dont au moins deux Boeing 737-700 ou 737-800. Ce qui portera la flotte de Rwandair à 14 appareils à la fin de cette année. Le parc est actuellement composé de quatre Boeing 737-700/800, de deux Bombardier CRJ900 et de deux turbopropulseurs Q400.

BAE Systems : chiffre d’affaires en hausse de 8 %

BAE Systems annonce un chiffre d’affaires en hausse de 8%, à 17,9 Md£ (23 Md€), pour l’année 2015. Une performance réalisée notamment grâce à l’augmentation des livraison d’avions de combat Typhoon à l’Arabie Saoudite et la progression de l’activité de la branche navale. Le carnet de commandes en fin d’année totalisait 36,8 Md£, en baisse de 9 %.

Au total, 18 Typhoon ont été livrés par le groupe britannique en 2015, dont 12 pour Riyad. Il lui reste actuellement 9 avions de la tranche 2 et 66 appareils de la tranche 3 à livrer.

L’Ebitda est orienté légèrement à la baisse (1,7 Md£, -1 %), sous l’effet d’une diminution de la cadence de production du Typhoon pour tenir compte de l’absence de nouvelles commandes. Le bénéfice opérationnel, pour sa part, progresse de 15 %, pour atteindre 1,5 Md€.

Pour l’année 2016 , le géant britannique affiche un optimisme fondé sur l’augmentation annoncée des dépenses militaires des deux côtés de l’Atlantique et la crise au Moyen Orient. Parmi les bonnes nouvelles attendues, la signature imminente d’un contrat d’achat au Koweit pour 28 Typhoon. Et une nouvelle tranche d’une cinquantaine d’appareils pour l’Arabie Saoudite est toujours évoquée.

L’annonce de ces résultats intervient alors que BAE Systems vient de nommer un nouveau numéro deux, Charles Woodburn, pour épauler l’actuel directeur général Ian King. Le nouveau venu, qui vient du secteur pétrolier, est considéré par beaucoup comme le futur patron du groupe.

Norwegian lance du long-courrier low cost à Paris

New York, Los Angeles et Fort Lauderdale accessibles à tarifs low cost depuis Paris-CDG, c’est ce que va proposer Norwegian à partir de cet été. La compagnie norvégienne vient d’annoncer, le 19 février, le lancement d’une offre long-courrier à bas coût depuis la capitale française. Elle poursuit ainsi le développement de son réseau transatlantique.

New York-JFK sera desservi à partir du 29 juillet prochain, à raison de quatre vols par semaine. Le tarif d’appel affiché est de 179 € l’aller simple. Los Angeles suivra le lendemain, avec une liaison bi-hebdomadaire à partir de 199 €. Enfin pour le même prix, les passagers pourront aussi aller une fois par semaine à Fort Lauderdale (à une quarantaine de kilomètres de Miami) à partir du 4 août.

Les vols seront assurés en Boeing 787, configurés en deux classes. Norwegian proposera ainsi 32 sièges en classe Premium et 259 en classe économique. La compagnie compte désormais huit Dreamliner en flotte et entend en exploiter 38 d’ici 2020.

Norwegian revendique désormais un réseau de 38 lignes transatlantiques, au départ de Londres, Copenhague, Oslo, Stockholm et désormais Paris. Jusqu’ici, elle n’opérait que des vols moyen-courriers depuis la France. Déjà établie à Paris-Orly, la compagnie passera finalement au Terminal 1 de Paris-CDG pour la desserte des Etats-Unis.

Depuis quelques années déjà la compagnie canadienne Air Transat et la française XL Airways ont prouvé qu’il existait un créneau pour le transport à bas coût entre la France et l’Amérique du Nord. Norwegian ira néanmoins plus loin dans l’aspect low cost avec une offre de base sans bagages en soute, ni repas inclus.