Tout compte fait, le Bourget 2015 a été un grand cru


Ldition 2015 du salon aronautique du Bourget a ferm ses portes dimanche soir sur un nouveau succs. En nombre dexposants (2 303), en nombre de visiteurs (151 000 professionnels et ensuite 210 000 grand public), mais aussi en nombre de commandes.

Boeing et Airbus ont tenu lhaleine de tous les industriels car de leurs signatures de contrats dcoulent des activits chez les fournisseurs. En premier lieu les motoristes en fonction du choix de la motorisation qui est faite par les compagnies ariennes (et qui peut tre annonc que plus tardivement) et les quipementiers dont les matriels, dans certains cas, relvent du choix de la compagnie cliente, ce sont alors ce quil convient dappeler les BFE (Buyer Furnished Equipment) pour quipement achet par la compagnie.

Certains autres quipements relvent du choix de lavionneur au cours du dveloppement dun appareil de telle sorte qu chaque fois quil y a une commande chez lavionneur, il en rsulte une vente pour les quipementiers SFE (Supplier Furnished Equipement). Ainsi, et ce nest l quun exemple, le train datterrissage dun avion ou dun hlicoptre est un SFE, par contre les freins, les roues et les pneumatiques, les quipements intrieurs dont les siges sont au choix de la compagnie arienne, il sagit de BFE.

On note toutefois une tendance chez les avionneurs vouloir imposer leur propre choix dquipements. A cela une raison : proposer deux motorisations, deux fournisseurs de frein ou de pneumatique signifie quil faut doubler le nombre de qualification de chacun des types de motorisation ou dquipements avec la cl des dlais et des cots qui doublent. Do la volont pour gagner en comptitivit de ne plus offrir dalternative hormis pour les amnagements intrieurs qui contribuent grandement limage de marque de la compagnie arienne.

Aussi lors des salons aronautiques, il est dusage de quantifier le volant daffaires annonc en tenant compte du prix catalogue affich par lavionneur. Ce qui donne pour la 51e dition du salon du Bourget un total de 934 appareils commerciaux commands pour un montant de 130 milliards de dollars. Airbus qui tait au coude coude avec Boeing est finalement arriv en tte avec 421 prises de commandes (y compris les options) soit 90 de plus que Boeing.

Pour les motoriser on note nouveau la performance de CFM International (une coentreprise entre GE et Safran) qui fait tat de 835 moteurs CFM56 et Leap placs durant les 4 journes professionnelles du salon. En combinant les commandes engranges par CFMI et les commandes quil a reu pour ses propres moteurs, GE value 19 milliards de $ le montant des commandes quil a reu avec ses partenaires (dont 14 Md$ pour CFMI). Chez Pratt & Whitney et sauf erreur, la filiale dUTC fait tat de commandes pour motoriser 36 appareils de la famille A320 classique avec le V2500 et pour 172 appareils de la famille A320neo (new engine option) avec le moteur PurePower et ce malgr le retard pris dans les essais de ce nouveau moteur.

Alors que dire de Rolls-Royce qui sest montr discret durant la manifestation parisienne aprs avoir engrang en avril dernier la commande record de la part dEmirates pour la motorisation de 50 Airbus A380 dune valeur de 9,2 Md$. Au salon le motoriste britannique a annonc deux accords de vente, celui avec Ethiopan Airlines pour la motorisation avec des Trent 1000 de six nouveaux Boeing 787 alors que ses 13 prcdents appareils sont motoriss par des GEnx, et celui avec le transporteur italien Neos qui a aussi choisi le Trent 1000 pour ses 3 Boeing 787 pris en location.

Il ressort malgr tout de ces commandes davions et incidemment de moteurs que certains constructeurs ou certaines familles davions nont pas fait recette.

Tout dabord Bombardier qui outre six Q400 commands par WestJet na reu aucune autre commande et notamment pas pour sa nouvelle gamme de CSeries alors mme quil envisage dy ajouter un troisime modle.

Lavion Superjet 100 a, quant lui, rencontr du succs auprs de Ping An Leasing (50 appareils) et de Puren Airlines (7 appareils).

La grande dception vient de lA380 pour lequel tout le monde sattendait avoir des nouvelles soit sous forme de contrat, soit sous forme de lannonce par Airbus dune nouvelle motorisation. Il nen fut rien. Toutefois, John Leahy le directeur commercial et marketing de lavionneur europen se dit confiant : il a dclar le 18 juin quil esprait vendre 25 exemplaires du trs gros porteur A380 d’ici la fin de cette anne, ce qui reprsenterait 10,7 milliards de dollars au prix catalogue, note lagence Reuters. En outre, toujours selon Reuters, il a dclar quil « aimerait croire » une dcision cette anne ou l’an prochain sur le lancement ventuel d’une version remotorise de l’A380.

Nicole Beauclair pour AeroMorning