Le Brésil Choisit L’avion De Combat Suédois Gripen

Quinze ans après le lancement d’un premier appel d’offres, connu sous le nom de FX-1, pour engager le renouvellement de sa flotte d’avions de combat, le Brésil a tranché. La présidente Dilma Rousseff a retenu l’offre présentée par le constructeur suédois Saab. La décision a été officialisée ce mercredi, dans la soirée. Un choix que «regrette» le groupe Dassault*. «Il (Gripen, nom de l’avion de combat de Saab) n’appartient pas à la même catégorie que le Rafale: monomoteur et plus léger, le Gripen n’est pas équivalent en termes de performances et donc de prix. Cette logique financière ne prend en compte ni le ratio coût-efficacité favorable au Rafale, ni le niveau de la technologie offerte».

Brasilia va dès lors entrer en négociations exclusives avec la Suède et les représentants du constructeur en vue d’acquérir 36 Gripen E/F (nouvelle génération) pour quelque 5 milliards de dollars. Ces discussions peuvent durer plusieurs mois, car il s’agit d’aller dans le plus petit détail afin de traduire en termes contractuels les différents volets de l’offre: transfert de technologie et partenariat avec l’industrie brésilienne, calendrier, cadence de livraison, maintenance, formation, financement… Tout sera passé au crible afin d’établir le contrat qui comptera des milliers de pages.

Les deux autres candidats en lice sont donc écartés. Il s’agit du F18 Super Hornet de l’américain Boeing et du Rafale construit par le français Dassault Aviation(*). «Nous regrettons que le choix se porte sur le Gripen, doté de nombreux équipements d’origine tierce, notamment américaine, qui n’appartient pas à la même catégorie que le Rafale», a réagi mercredi l’avionneur français. La décision brésilienne est une déception pour la France. En 2009, l’ancien président Lula avait en effet fait valoir sa préférence pour le Rafale, mais avait laissé à son successeur, Dilma Rousseff, le soin de trancher. Pour leur part, Nicolas Sarkozy et François Hollande – encore la semaine dernière – n’ont pas ménagé leur peine, afin de voir le contrat se conclure. Même déception aux États-Unis, où Barack Obama et son Administration ont pesé de tout leur poids pour faire gagner Boeing. Mais Brasilia n’avait pas du tout apprécié – c’est un euphémisme – les révélations d’Edward Snowden sur la mise sur écoute de la présidente brésilienne par la NSA. Un événement qui n’a pas aidé Boeing.

Mais au-delà, le Brésil a simplement choisi l’avion le moins cher, dans un contexte de ralentissement de sa croissance économique et de vives polémiques sur des dépenses engagées pour la Coupe du monde de football et les JO. Le Gripen («Griffon») – ne «joue» pas dans la même catégorie que ses deux rivaux. Il s’agit d’un chasseur plus petit et moins puissant que ses concurrents, et dont les performances et le système d’armes ne sont pas comparables. Le Gripen est un monomoteur développé dans les années 1980 qui a été mis en service par l’armée de l’air suédoise en 1996. L’appareil, qui répond à un segment du marché, s’est vendu à plus de 250 exemplaires et a gagné plusieurs appels d’offres en Hongrie, en République tchèque, en Afrique du Sud, en Thaïlande ainsi qu’au Royaume-Uni (avions d’entraînement) et plus récemment en Suisse. Le Brésil marque le second contrat pour la version améliorée NG.