Lockheed Martin Et Airbus Se Rapprochent

Airbus et Lockheed Martin ont signé un protocole d’accord relatif au ravitaillement en vol « pour répondre aux besoins croissant des clients militaires américains ».

Dans un communiqué conjoint de ce mardi, les deux entreprises disent souhaiter « fournir des services afin de remédier aux déficits capacitaires identifiés et de satisfaire aux exigences des ravitailleurs de nouvelle génération, capables d’opérer dans les environnements complexes des futurs théâtres d’opérations. »

Un questionnaire du Transcom.
Il faut replacer cette annonce dans le contexte de l’annonce du Transcom de la fin juin (lire ici). Le TRANSCOM a lancé un questionnaire destiné aux entreprises privées en mesure de fournir des tankers pour répondre aux besoins du DoD, du TRANSCOM et de l’Air Mobility Command (de 20 à 30 mille heures de vol!).

La RFI de la fin juin annonce que le TRANSCOM recherche des opérateurs dont les avions seront capables d’opérer dans des environnements aériens tant civils que militaires (« environnements permissifs » est-il précisé), de fournir 50 000 livres de carburant à 1500 miles nautiques, d’avoir des systèmes de ravitaillement compatibles avec les systèmes US et alliés, et d’intervenir partout dans le monde. Les Boeing KC-135 Stratotanker vieux de 61 ans en moyenne vont être progressivement remplacés par 179 KC-46A Pegasus. Mais, ces nouveaux avions ne permettront de couvrir qu’un tiers des besoins et leur entrée en service va s’étaler sur une dizaine d’années!

Appel d’offres pour le CAS.
Le DoD fait déjà appel à des Commercial Air Services (CAS) en matière de ravitaillement en vol (AAR, air to air refueling). Omega fournit déjà de telles prestations avec trois avions.

Un appel d’offres de 2016 dont la version finale date du 10 mai 2018, est toujours en cours. Omega, Omni Air International, Airbus, Boeing, Airborne Global et CASS ont exprimé leur intérêt pour ce futur marché de 5 ans. Un marché qui prévoit l’emploi d’appareils CO-CO (pour « Contractor Owned/ Contractor Operated »).

Le Brésil Choisit L’avion De Combat Suédois Gripen

Quinze ans après le lancement d’un premier appel d’offres, connu sous le nom de FX-1, pour engager le renouvellement de sa flotte d’avions de combat, le Brésil a tranché. La présidente Dilma Rousseff a retenu l’offre présentée par le constructeur suédois Saab. La décision a été officialisée ce mercredi, dans la soirée. Un choix que «regrette» le groupe Dassault*. «Il (Gripen, nom de l’avion de combat de Saab) n’appartient pas à la même catégorie que le Rafale: monomoteur et plus léger, le Gripen n’est pas équivalent en termes de performances et donc de prix. Cette logique financière ne prend en compte ni le ratio coût-efficacité favorable au Rafale, ni le niveau de la technologie offerte».

Brasilia va dès lors entrer en négociations exclusives avec la Suède et les représentants du constructeur en vue d’acquérir 36 Gripen E/F (nouvelle génération) pour quelque 5 milliards de dollars. Ces discussions peuvent durer plusieurs mois, car il s’agit d’aller dans le plus petit détail afin de traduire en termes contractuels les différents volets de l’offre: transfert de technologie et partenariat avec l’industrie brésilienne, calendrier, cadence de livraison, maintenance, formation, financement… Tout sera passé au crible afin d’établir le contrat qui comptera des milliers de pages.

Les deux autres candidats en lice sont donc écartés. Il s’agit du F18 Super Hornet de l’américain Boeing et du Rafale construit par le français Dassault Aviation(*). «Nous regrettons que le choix se porte sur le Gripen, doté de nombreux équipements d’origine tierce, notamment américaine, qui n’appartient pas à la même catégorie que le Rafale», a réagi mercredi l’avionneur français. La décision brésilienne est une déception pour la France. En 2009, l’ancien président Lula avait en effet fait valoir sa préférence pour le Rafale, mais avait laissé à son successeur, Dilma Rousseff, le soin de trancher. Pour leur part, Nicolas Sarkozy et François Hollande – encore la semaine dernière – n’ont pas ménagé leur peine, afin de voir le contrat se conclure. Même déception aux États-Unis, où Barack Obama et son Administration ont pesé de tout leur poids pour faire gagner Boeing. Mais Brasilia n’avait pas du tout apprécié – c’est un euphémisme – les révélations d’Edward Snowden sur la mise sur écoute de la présidente brésilienne par la NSA. Un événement qui n’a pas aidé Boeing.

Mais au-delà, le Brésil a simplement choisi l’avion le moins cher, dans un contexte de ralentissement de sa croissance économique et de vives polémiques sur des dépenses engagées pour la Coupe du monde de football et les JO. Le Gripen («Griffon») – ne «joue» pas dans la même catégorie que ses deux rivaux. Il s’agit d’un chasseur plus petit et moins puissant que ses concurrents, et dont les performances et le système d’armes ne sont pas comparables. Le Gripen est un monomoteur développé dans les années 1980 qui a été mis en service par l’armée de l’air suédoise en 1996. L’appareil, qui répond à un segment du marché, s’est vendu à plus de 250 exemplaires et a gagné plusieurs appels d’offres en Hongrie, en République tchèque, en Afrique du Sud, en Thaïlande ainsi qu’au Royaume-Uni (avions d’entraînement) et plus récemment en Suisse. Le Brésil marque le second contrat pour la version améliorée NG.

La Suisse a encore besoin d’avions de combat

Et c’est reparti pour un tour en Suisse… Après avoir annulé l’achat de Gripen NG en mai 2014, Berne a de nouveau besoin de nouveaux avions de combat et d’un nouveau système de défense sol-air pour la surveillance, la protection et la défense de son espace aérien. Telle est la conclusion à laquelle sont parvenus les deux groupes chargés par le chef du Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS) de recommander cette opération.

Le rapport présente des options tablant sur l’acquisition de 30 ou 40 avions voire 55 et même davantage, ainsi qu’une option qui envisagerait, outre l’acquisition de 20 nouveaux avions de combat, le maintien provisoire de la flotte de F/A-18 actuelle (30 avions) jusqu’à son remplacement dans les années 2030. Le rapport suggère au gouvernement de financer cette acquisition sur le budget de la Défense. Cela permettrait d’éviter de soumettre l’achat à une votation populaire. En 2014, la population s’était opposée à l’achat de 22 avions de combat fabriqués par le constructeur suédois Saab.

Un choix dès 2020

« Le groupe d’experts est parvenu à la conclusion que le processus de modernisation des moyens de défense aérienne actuels doit démarrer urgemment », a précisé un communiqué de presse du DDPS. Dans ce cadre, recommande le rapport, l’évaluation d’un nouvel avion de combat devrait commencer prochainement, avec pour objectif de pouvoir choisir le type d’avion au second semestre 2020.

Dans les années 2020, les moyens de défense aérienne de l’armée suisse (avions de combat, défense contre avions) parviendront au terme de leur durée d’utilisation. Dans la perspective des différents renouvellements requis, le chef du DDPS, Guy Parmelin, a chargé au printemps 2016 un groupe d’experts, interne au DDPS d’élaborer les fondements nécessaires à cette opération en ayant une vision globale. Parallèlement, un groupe d’accompagnement, composé d’un représentant des quatre partis gouvernementaux, de représentants du DDPS, de l’industrie et de la Société suisse des officiers a également travaillé sur l’acquisition d’avions de combat et a émis seize recommandations. Ce groupe a tenu au total 14 séances entre avril 2016 et mai 2017.

« Pour assurer une protection crédible et efficace de l’espace aérien, il est nécessaire de disposer d’une combinaison de moyens et de compétences au sol comme dans les airs, a notamment recommandé le groupe d’accompagnement. La modernisation des moyens requis pour la protection de l’espace aérien fait partie intégrante du développement de l’armée ».

Plusieurs options mais l’option 3 préférée

L’option la plus chère et la plus ambitieuse – la numéro une – consisterait en l’achat de 55 à 70 avions et d’armes antiaériennes pour un montant estimé entre 15 et 18 milliards de francs (13,76 et 16,52 milliards d’euros), Bapteme et vol en avion de chasse selon le rapport. Option numéro deux : remplacer la flotte actuelle par près de 40 nouveaux avions de combat et renouvellement de la défense sol-air pour un montant évalué à 9 milliards de francs environ (8,25 milliards d’euros). Enfin, la quatrième option, la plus économique, porte sur l’acquisition de 20 appareils avec le renouvellement d’un système de défense antiaérien pour cinq milliards de francs environ (4,58 milliards d’euros). Cette option prévoit également de conserver les 30 F/A-18 en service plus longtemps que prévu.

S’agissant de l’option numéro trois, le groupe d’expert préconise le remplacement de la flotte actuelle par près de 30 nouveaux avions de combat avec une hausse significative des performances pour la défense sol-air pour des besoins financiers de 8 à 8,5 milliards de francs environ (de 7,3 milliards à 7,8 milliards d’euros). Cette option a obtenu la majorité des voix de la part du groupe d’accompagnement (9 sur 14) tandis que l’option 1 a obtenu trois voix. La possibilité d’échelonner une acquisition de cette envergure sur une longue durée a aussi été évoquée.L’option 2 a obtenu deux voix, et, enfin, la dernière une voix.

Pas d’avions chinois ni russes

L’exploitation d’une flotte d’avions de combat de même modèle est une solution plus efficace et plus économique que celle comportant plusieurs types d’aéronefs, recommande le groupe d’accompagnement. L’acquisition d’un nouvel avion de combat doit coïncider avec le remplacement de l’ensemble de la flotte des F-5 Tiger et de celle des F/A-18 au cours de la décennie 2020. Cette option n’exclut pas l’acquisition par tranches d’un nouvel avion de combat. Pas question en revanche pour la Suisse d’acheter des avions chinois ou russes.

« D’un point de vue technique, le manque de compatibilité de tels produits avec les systèmes déjà utilisés par les Forces aériennes et l’absence d’interopérabilité avec les systèmes des Etats européens occasionneraient d’importants problèmes, estime le groupe d’accompagnement. Si l’on considère la question sur le plan politique, le scepticisme règne quant à l’acquisition d’avions de combat fabriqués dans ces deux pays, d’où la recommandation de ne pas tenir compte des systèmes russes et chinois dans le cadre de la présente acquisition ».

Le rapport des experts n’a pas souhaité détailler les candidatures pour une acquisition. Mais il s’est posé la question de savoir si le Gripen E/F, dont le financement avait été refusé en mai 2014 lors d’une votation à la suite d’un référendum, était éligible à futur appel d’offres. Si cet appareil « remplit les conditions décrites dans le chapitre consacré à l’évaluation, le Gripen E/F constitue aux yeux du groupe d’experts un candidat tout à fait valable pour être intégré à l’évaluation ». Au vu des développements intervenus sur les divers types d’avions depuis la dernière évaluation d’avions de combat dans les années 2008 à 2011 (Rafale, Gripen et Eurofighter), « il semble inadéquat de ne procéder qu’à une réévaluation des types d’avions déjà testés pour avoir le meilleur avion de chasse« , a estimé le groupe d’expert.

Enfin, un avion de combat qui n’est pas arrivé à maturité technique au moment de l’acquisition ne sera pas pris en compte dans l’appel d’offres. Les développements suisses majeurs, qui correspondraient à une helvétisation de l’avion de combat, ne sont pas une option non plus pour la Suisse. L’objectif de Berne est de se doter d’un « avion de combat à la pointe du progrès lors de sa livraison ».