Témoignage: De la maquette au réel : mon expérience de pilote de chasse

J’ai parfois l’impression que, quelque soit l’activité qu’on veuille faire, on trouve quelqu’un qui la propose sur internet. Voler en apesanteur ? Pas de problème. Dormir dans un hôtel sous-marin ? Mais bien sûr. Nager avec des baleines ? Aucun souci… Je n’ai rien fait de tout cela (pour le moment ^^), mais il en est une que je me devais d’offrir à mon beau-père : un combat aérien… à bord d’un authentique biplan ! Pour ceux qui me lisent mais ne me connaissent pas, il peut être utile de préciser que mon beau-père est passionné depuis des années par l’aviation, et qu’il passe des journées entières sur ses maquettes 1/48 à 1/32. Je ne compte plus le nombre de maquettes d’avions de guerre que nous avons pu lui offrir. Quel meilleur cadeau que lui offrir une authentique expérience de pilote de chasse ? Et puisqu’il lui fallait quelqu’un à combattre lors de cet engagement aérien, je l’ai accompagné. ^^ L’animation a pris place non loin de Bordeaux. Eh oui, désolé pour ceux qui vivent loin du bordelais, mais c’est le seul endroit en Europe où l’on propose ce type d’activité (pour l’instant, du moins). Nous sommes arrivés sur le petit aéroclub en début de matinée, où nous avons été accueillis par « Gégé », un véritable pilote de chasse qui a presque cinq mille heures de vol à son actif. Nous avons partagé un petit déjeuner avec lui, puis avons enfilé nos combinaisons de vol et avons suivi un cours expliquant les notions de combat aérien. Je regardais parfois mon beau-père, qui ressemblait à un enfant au pied du sapin le jour de Noël ! A la fin de la matinée, nous avons pris une collation avant de nous diriger vers nos biplans. Nous avons été installés à l’avant de nos appareils, tandis que Gégé et un autre pilote se plaçaient à l’arrière pour nous servir de co-pilotes. Au moment du décollage, le stress monte. Je n’ai encore jamais réalisé un vol sur un appareil aussi petit. On n’est visiblement pas sur un Boeing. Où est le porte-gobelet ? Où est l’hôtesse ? Et pourquoi la moindre rafale fait giter l’appareil ? Il est vraiment solide, cet appareil ? En dehors des secousses qui, disons-le, me terrifient les premières minutes, les sensations sont grandioses. La verrière de l’habitacle permet de voir partout à la fois. Je peux voir mon beau-père dans l’autre avion, à moins de dix mètres. Nous avançons en patrouille serrée, le temps de nous habituer aux commandes. Car oui, nous allons prendre en main l’appareil. Le biplan de mon beau-père passe devant, la bataille est lancée ! Je saisis le manche de l’appareil et essaie d’aligner mon rival dans le viseur. Celui-ci bouge dans tous les sens, toujours hors de ma ligne de mire. Soit mon beau-père fait appel à la Force, soit il a Parkinson. Au bout d’un moment, je finis tout de même par shooter l’appareil ennemi et remarque la traînée de fumée qui s’en dégage. Touché ! Mon beau-père passe derrière moi, c’est l’heure de changer les rôles. A moi de devenir la proie ! Au final, nous avons eu droit à deux vols de près d’une heure. Ce que j’ai apprécié dans l’expérience, c’est le souci du détail qui a été donné à l’expérience : quand on tire sur son ennemi et que son appareil laisse une trace de fumée dans le ciel, on ressent vraiment la joie sauvage du combat. Une autre chose que j’ai fortement apprécié : nos moniteurs nous ont offert à chaque mission plus de liberté. Vers la fin, nous étions seuls en plein ciel, sans personne pour nous guider ! Pour en savoir plus, allez sur le site qui propose cette expérience de pilote de chasse.

Dassault arrête le programme 5X

C’est un gâchis retentissant pour Dassault Aviation et Safran. L’avionneur tricolore a engagé un « processus de résiliation du contrat Silvercrest conduisant à l’arrêt du programme Falcon 5X » (…) « au vu de l’ampleur des risques techniques et calendaires » de ce moteur devant équiper le futur avion d’affaires de Dassault Aviation, a-t-il expliqué ce mercredi dans un communiqué. Visiblement, les deux industriels ne partageaient plus l’analyse de la situation du programme. Dans ces conditions, l’avionneur a annoncé le lancement d’un nouvel avion, équipé de moteurs Pratt & Whitney, « avec une entrée en service en 2022 ». « Le besoin des clients pour un avion long range et large cabine reste intact », a estimé le PDG de Dassault Aviation Éric Trappier. « J’ai donc décidé le lancement d’un projet de nouveau Falcon équipé de moteurs Pratt & Whitney Canada, reprenant le diamètre fuselage du Falcon 5X, avec un range de 5 500 Nm et prévu pour une entrée en service en 2022 ». Pourquoi Dassault Aviation en est arrivé à cette décision? Le moteur Silvercrest de Safran Aircraft Engines a rencontré des difficultés successives dans le développement de ce moteur. En 2015 et 2016, « des problèmes majeurs », selon Dassault Aviation, ont conduit Safran à proposer un nouveau calendrier se traduisant par un engagement de livraison de moteurs fin 2017 pour les essais en vol sur Falcon 5X. Initialement, le Silvercrest aurait dû être livré fin 2013 pour les essais en vol. Dans ce cadre, l’avionneur a été contraint de repousser l’entrée en service du Falcon 5X de 2017 à 2020, soit un retard de trois ans. Ce qui a suscité « l’inquiétude des clients et provoqué des annulations de commandes (12 en 2016) », a constaté Dassault Aviation. Équipé de moteurs provisoires non conformes aux spécifications, le Falcon 5X a réalisé son 1er vol le 5 juillet 2017 et a entamé une campagne d’essais préliminaire limitée par les capacités du moteur. Le comportement de l’avion s’est révélé conforme aux attentes mais à l’automne 2017, Safran a rencontré de nouveaux problèmes sur le compresseur haute pression. Le motoriste a informé Dassault Aviation « d’un retard supplémentaire et de nouvelles dégradations de performances, rendant impossible l’entrée en service de l’avion en 2020 ». Selon nos informations, le retard était estimé à un an. C’est ce qui a conduit Dassault Aviation à arrêter le programme Falcon 5X. Et maintenant ? Dassault Aviation prévoit de lancer des négociations avec Safran, qui a fini par perdre la confiance de l’avionneur. Pour le motoriste, le Silvercrest devait en dépit de son nouveau retard, « atteindre les performances du moteur dans l’ensemble du domaine de vol », a-t-il expliqué dans un communiqué publié dans la foulée de celui de Dassault Aviation. « Safran a bien résolu tous les problèmes », estime-t-on en interne, mais Dassault Aviation n’a pas voulu pousser plus loin avec le motoriste. S’agissant des futures négociations, le motoriste rappelle à l’intention des marchés, que « les pénalités contractuelles au titre du développement du moteur ont déjà été provisionnées dans ses comptes ». Safran confirme donc ses perspectives pour 2017.